Zero Games Studio / Plugin Digital - Switch / PC - 19,99 € - 5,7 Go - Sous-titres et interfaces en français - Durée de vie minimale : 10h
Au nom de la paix, faisons la guerre
Super World War (SWW pour les intimes) est un jeu de stratégie tactique au tour par tour en 3D, se jouant sur un plateau de jeu virtuel, réalisé par Zéro Games, studio français qui a, parmi d’autres titres, co-développé Hot Lap Racing !
SWW dépeint les événements loufoques et surréalistes se déroulant dans un monde imaginaire, rappelant certains Visual Novels. Un monde dans lequel les belligérants de contrées rivales sont tous l’archétype des anti-héros, voire plutôt… des super-vilains, tout droit sortis de l’asile.

D'en haut tout a l'air si paisible, rapprochons-nous un peu... à même le terrain.
Plusieurs modes de jeu sont à disposition :
- L’histoire, qui va nous intéresser particulièrement
- Partie personnalisée, qui permet de se lancer dans un défi quasi à la carte avec des joueurs IA ou humains
- En ligne (pouvoir affronter ses amis à la place de l’IA ça peut amener à quelque chose de drôle !)
Une histoire de pouvoir, de mort, de succession et de folie
Si vous pensiez que Super World War allait vous placer directement au milieu de l’action, c’était sans compter sur la folie scénaristique et la bienveillance de Zéro Games. En effet, vous voici plongés dans un grand scénario intrépide mettant en scène les plus grands sots stratèges de ce monde.
La première partie de notre carrière commence par un tutoriel, qui prend le temps de poser le décor, les protagonistes et le contexte dans lequel va se dérouler le jeu.

Ici-bas, la guerre n’est qu’un lointain souvenir et les nations vivent en paix… Nous sommes néanmoins au beau milieu d’une crise, car la terre est au bord du gouffre écologiquement parlant. Mais bon, ça attendra. Le sujet du jour, relayé par les médias, est la disparition de la clé de voûte qui donnait un semblant de stabilité géopolitique aux nations de cette planète. Theorn BrunceWald est mort, dans des circonstances mystérieuses, et cela pourrait bien marquer le début du chaos.
Sous forme de dialogues, nous découvrons quelques premières personnalités hautes en couleur. Une sorte de pape, une guerrière asiatique, une mamie sénile, un comédien fou, et enfin un roi démuni, peureux et idiot, propulsé, on ne sait comment, au pouvoir.

Il était apprécié unanimement
Rentrer dans une case
Zero Games nous a concocté un bel enrobage à notre phase d'entraînement et de tutoriel. Nous prenons donc le rôle de Capitulet, le roi dont je parlais juste avant, qui porte décidément bien son nom. C’est sous forme interactive, avec dialogues et l’aide précieuse de notre valet, et les premières attaques de nos voisins, autrefois “pacifiques” sur le qui-vive, que nous allons découvrir le gameplay.

N'oublie pas Capitulet, la paix, c'est la guerre !
La première mission se déroule sur une carte simple, en mode escarmouche. Dans ce mode, la carte contient des unités de votre infanterie, mais également les unités adverses. Trucider la totalité de ces unités permet donc de remporter la manche (mais pas la guerre ;)).
SWW nous prend donc par la main et nous explique les concepts de base :
- Sélection
- Déplacement
- Attaque
Les déplacements se font sur une grille contenant des hexagones comme dans certains jeux de stratégie, ce qui change un peu de la grille carrée habituelle que l’on retrouve dans d’autres jeux, notamment de gestion. L'aspect pratique est que nous avons une assez bonne visibilité sur l’impact de nos attaques sur l’ennemi, ainsi que leur portée potentielle, avant même de les enclencher.

Bain de sang assuré
Une fois lancée (ou subie), une attaque se déroule sur un écran “au raz des pâquerettes” et scindé en deux, avec de part et d’autre les deux camps. Les troupes s’avancent, tirent, et sur l’autre moitié, on voit des giclées de sang et des troupes s’effondrer. C'est assez amusant, car ça tire là aussi au tragi-comique, surjoué, avec des cris exagérés et de l’abus d’hémoglobine employant des cœurs qui balancent une pression de 150 bars.

Après le "bain de sang", place à la douche d'hémoglobine (et de chair à canon !)
On apprend assez rapidement les rudiments :
- Quel type d’unité dispose de quelle arme principale ou secondaire, et donc quelle portée maximale elle peut atteindre en nombre de cases.
- Comment se positionner pour optimiser son attaque ou se protéger de celle de l’ennemi…
- Les avantages et failles de chaque classe de soldat.

Les caractéristiques des terrains peuvent donner un gros avantage en terme d'attaque, de défense ou même de furtivité.
L’aspect stratégique se met tout doucement en place, tout en restant guidé.
Comme c’est du tour par tour, les actions possibles sont limitées et il faut laisser à l’autre joueur le soin de manœuvrer (on déclenche la fin de notre contrôle sur le théâtre de guerre manuellement, en croisant les doigts pour qu'il nous reste quelque chose suite à l'intervention du ou des adversaires).

De petits messages (encou)rageants sont saupoudrés lors des transitions...
Si certaines actions du joueur adverse sont visibles en temps réel, d’autres peuvent se trouver masquées par un brouillard, le fameux brouillard de guerre (cases assombries).

Auquel peut s'ajouter le brouillard réel et d'autres événements météo. Si vous avez peur de "naviguer à vue" n'ayez crainte, les adversaires sont dans la même situation !
Sur le terrain, il y a plusieurs terrains.
Ce qui est marrant avec SWW et les jeux du genre, c'est qu’à la base, on pense être sur un simple échiquier alors qu’en fait, il n’en est rien.
Les terrains de jeux sont parsemés de surfaces et zones qui vont changer la donne. Des plaines, du sable, des forêts, rivières et montagnes, des villes… autant d’éléments perturbateurs qui pourraient être mis à profit ou vous desservir. En effet, le déplacement de vos unités, leur champ de vision, leur portée, leur camouflage, etc., dépendent énormément de là où vous les placez et quand.

Diviser pour mieux régner ?
Cela aura un gros impact également lors des affrontements en VS, qui ne sont pas sans rappeler Advance Wars, par leur disposition, mais également par la position des caméras et les couleurs dominantes lors des affrontements.

David contre Goliath 2.0
L’homme et la machine
Si au début, on apprend surtout à manipuler des soldats (de classes et d’apparences variées), on va rapidement s’emparer d’engins de transport et d’offensive. Forcément, le blindage n’est pas le même et il va falloir rapidement s’intéresser à ceux-ci pour mieux résister et notamment frapper plus fort !

Fini les petites avancées artisanales. On va industrialiser les offensives !
Là aussi, il est important de bien choisir les terrains sur lesquels vous allez les faire évoluer et les endroits où vous allez vous positionner, car votre rayon d’action n’est pas le même et le corps à corps quasi impossible (on ne peut pas tout avoir !).
Dans tous les cas, plus vos effectifs sont intacts, plus vous aurez d’impact.

Les machines à disposition sont de plus en plus nombreuses et coûteuses. Veillez donc à garder un max de thune de côté !
Les batailles de polochons
À mesure que le scénario évolue, nous entrons dans des batailles et dialogues de plus en plus loufoques. Décidément, on nous accuse de tous les maux de la terre et à chaque fois, c'est une aubaine, car cela déclenche forcément une attaque d’un ennemi ou d’un autre, voire d’une coalition…
Le gameplay dévoile de nouvelles mécaniques, comme l'agrégation de ressources, la création et la combinaison d’unités, mais également la prise de bâtiments civils et banques, ou encore de nouveaux objectifs liés au mode bataille, comme dézinguer le QG de l’adversaire pour remporter la partie.

Ce pape n'a pas appris à tendre l'autre joue quand on le frappe...
C’est fun de préparer des embuscades, multiplier les attaques successives et pilonner l’adversaire pour augmenter le combo, qui à armes égales donne un avantage à vos troupes ! N'oubliez pas tout de même d'aller de temps en temps faire le plein de munitions, sous peine de devoir vous servir de petits "pioupiou" (arme secondaire) avec l'effectivité offensive d'un pigeon sous Kétamine.

Ce serait dommage ne pas "tirer" parti de cet arsenal !
Bref, plus on découvre le jeu, plus on se dit qu’un bon stratège agit avec subtilité et pas forcément bourrinage et acharnement (oui bon bah ça, c'est mon style, je n’y peux rien)... La satisfaction est au rendez-vous quand ça paye (bon, je ne suis pas très bon en stratégie, donc j’ai dû refaire quelques missions :D)

BOOM ! C'est qui le roi ?
Aux commandes
L’interface du jeu est claire et simple à assimiler avec le temps. Le menu stats permet de visualiser en temps réel le statut complet de nos soldats, unités, bâtiments et du terrain. Les commandes sont complètes, tout comme la gestion de la caméra (on peut d'ailleurs utiliser l'écran et le tactile directement, pour un contrôle plus direct).
Chaque personnage que vous incarnerez dispose de sa capacité spéciale (forcément loufoque dans sa présentation, mais d’une réelle utilité), lui conférant l’avantage sur certaines situations complexes, parfois de manière radicale ! Je vous laisse découvrir celle de chacun !
Ambiance et technique
Visuellement, nous sommes donc sur une vue plongeante, une échelle et une direction artistique qui n’est pas sans rappeler des titres comme Toybox Turbos (un jeu de voitures miniatures créé par CodeMasters) avec des modèles et thématiques un peu "cartoon".
Les détails sont nombreux, autant sur les (nombreuses) cartes, les éléments visuels, les troupes, les bâtiments... et les petites animations de jeu. Une gestion complète de la météo fera d'ailleurs grandement varier les conditions, impactant là aussi le gameplay et les règles du jeu.

La guerre froide, comme les cookies de mamie la sociopathe des hospices.
Les effets spéciaux, ainsi que la bande son originale ne sont pas en reste et donnent bien vie au jeu !
Il y a pas mal de petits easter eggs, comme la sainte grenade de Worms placée dans le décor entourant la table de jeu dès le menu. (Je vous laisse découvrir les autres !). Dans les dialogues, nous retrouvons également pleinnnnn de petites références dans de nombreux domaines, références à citations, films, memes ou expressions bien connues sur le net.
Un jeu sérieux, enrobé de loufoque et de refs
Super World War est un jeu tout ce qui a de plus sérieux techniquement, avec des vraies mécaniques de gameplay, de la stratégie et une réalisation de premier ordre.
Sous cette couche de sérieux, on retrouve ce qui fait la force des productions indépendantes de toutes époques : le goût du risque, avec un scénario et des personnalités complètement barrées, dans un univers composé sur mesure par Zero Games, ce qui rend l'apprentissage de la stratégie au tour par tour drôle et progressive, comme avait pu le démontrer Worms en son temps.
Très complet, Super World War, fait la part belle au fun dans plusieurs dizaines de niveaux, sur de multiples environnements à la direction artistique soignée. Que ce soit en solo ou bien en multi, vous serrez à même d'affronter (et incarner) des généraux absolument timbrés, avec des stratégies, arsenaux et attaques spéciales uniques, sans compter sur les conditions météorologiques, ajoutant un peu de piment supplémentaire.
Même si je ne suis pas un grand fan, ni spécialiste, des jeux de stratégie au tour par tour, je dois bien l'avouer, la direction artistique, l'humour omniprésent, bourré des références, et les animations explosives de Super World War, m'ont permis de passer un excellent moment. Il ne reste plus qu'à espérer que les spécialistes du jeu de voiture que sont Zero Games, s'attellent à nous faire une proposition similaire sur un titre orienté course / arcade et ce sera là aussi un banger !

Il y a un nouveau héros en ville, il est chauve et il sourit.
- Rapide à prendre en main.
- Des maps inventives et détaillées.
- Nombreuses références !
- Très bonne direction artistique "comics".
- Un humour caustique et critique.
- Fun en solo comme à plusieurs.
- Bon accompagnement du joueur.
- Un certaine répétitivité visuelle parfois.
- Certains affrontements sont longs et manquent de dynamisme (sûrement mon niveau qui est en cause).
Un mode édulcoré pour les plus jeunes (sang et dialogues), une bande son plus dynamique et des effets sonores plus mémorables et variés.
Advance Wars, Warside, Civilization (et Freeciv), Heroes of Might and Magic, X-COM
Les yeux (Graphismes)
|
7/10 |
Les oreilles (Musique, ambiance, sons) |
6/10 |
Les mains (Gameplay, accessibilité) |
8/10 |
La plume (Histoire, scénario, immersion) |
8/10 |
La patience (Durée de vie) |
8/10 |
Le porte monnaie (Rapport qualité / prix) |
9/10 |
Le coeur (Coup de cœur) |
9/10 |
| Total : |
7.9/10 |
Fiche technique :
- Genres : Stratégie, tour par tour
- Développeur : Zero Games Studio
- Editeur : Plugin Digital
- Français : menus, sous-titres, textes
- Plateformes : Switch, PC
- Testé sur : Switch (version complète) et PC (en version démo)
- Prix : 19,99 €
- Version : 1.0
- Taille : 5,7 Go
- Date de sortie : 25 août 2025
- Magasins : Switch, PC
Nous remercions Zero Games qui nous a fourni une copie de review du jeu
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