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[Test] Observer: System Redux sur PS4

[Test] Observer: System Redux sur PS4
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Disponible depuis le 23 juillet, Observer nous revient dans une édition augmentée et next-genisée nommée System Redux, toujours concoctée par Bloober Team et Anshar Studios ! Après avoir unboxé le jeu il est maintenant temps de s'y plonger à corps perdu...

 

Fiche technique :

  • Genre : Survival horror, Vue subjective, FPS (First Person Survival), Enquête
  • Développeur : Bloober team, Anshar Studios
  • Editeur et distributeur : Koch Media
  • Langues audio : Anglais
  • Langues textes et sous-titres : Allemand, Anglais, Chinois - simplifié, Coréen, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Polonais, Portugais (Brésil), Russe
  • Plateformes : PC, PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X|S
  • Testé sur : PS4
  • Prix conseillé : 29,99 €
  • Version : 1.01
  • Taille : 12,2 Go (dont maj de 567 Mo)
  • Date de sortie : 23 juillet 2021
  • PEGI : 16
  • Disponibilité : Physique et Dématérialisé

 

Avertissement

Le jeu Observer comporte une trame scénaristique et des passages qui pourraient s’avérer éprouvants dans certaines circonstances pour des personnes sensibles, affectées par des troubles ou dépression. Par ailleurs, il est également probable que certains passages comportant de nombreux flashs lumineux puissent provoquer des crises d’épilepsie aux personnes ayant été précédemment affectées (ou non).

 

Un peu de contexte ?

Si vous ne connaissez pas le studio Bloober Team (vous en avez le droit) sachez que ce sont les esprits torturés et talentueux qui ont mis au monde des expériences vidéoludiques marquantes de type survival horror telles que : Blair Witch (notre test), Layers of Fear ou encore The Medium. Autant vous dire qu’ils sont passés maîtres dans l’art de foutre la pétoche et vous emporter dans des univers complètement fous pour une expérience immersive à souhait.

Blair Witch

Blair Witch

 

Bloober Team et Anshar Studios nous proposent cette année Observer : System Redux, la version mise à niveau, augmentée, étendues et définitive du jeu >Observer_ paru initialement en 2017 sur PC, PS4 et Xbox (suivi par la Nintendo Switch en 2019) sous la forme d’un jeu complet, réédité et estampillé redux. Le mot redux n’est pas nouveau puisque l’on a connu d’autres titres empruntant le terme, à la manière de Metro ou Hard Reset pour ne citer qu’eux. Le but affiché de cette édition est de proposer une expérience next-gen (mais pas que) sur les nouvelles consoles de salon : PS5 et Xbox Series, tout en déclinant celles-ci sur nos consoles (plus ou moins) actuelles : PS4 et Xbox One.

Cette édition est également l’occasion de rendre hommage à la mémoire et l’immense carrière de Rutger Hauer (qui incarne le héros de l’aventure), hélas disparu en 2019 à l’âge vénérable de 75 ans. Acteur de talent, d’origine néerlandaise, à la voix et aux traits si particuliers, énigmatiques, voire parfois inquiétants.

 

Le sermon

Observer: System Redux nous accueille avec une courte introduction vidéo superbement réalisée et pour le moins étrange. Une voix de jeune adulte nous délivre un message aux faux semblants positifs, une invitation à profiter de la vie, faire le bien, aller vers la lumière, délaisser le mal et le matériel… un quasi prêche qui pourrait sortir de la bouche d’un pasteur ou prêtre.

malaise

Tout cela pourrait ne pas commencer à être malaisant si ce n’était pas accompagné d’images troublantes du parcours d’une scène de crime, vue de manière microscopique comme macroscopique. Un aperçu de l’amplitude de profondeurs de détails que nous allons rencontrer par la suite ? Toutes ces images convergent vers une personne, visiblement présente pour l'analyser et la décortiquer, d'une façon peu orthodoxe... On se doute légèrement que le jeu va faire la part belle à la psychologie et nous sortir rapidement de notre zone de confort.

introduction

Et quels délices !

 

Préparons-nous

Les menus d’Observer sont sans chichi : Nouvelle partie, charger, paramètres, objets à collectionner. C’est moins le cas avec la rubrique paramètres qui va proposer de régler de manière fine chaque aspect du jeu : jouabilité, choix de langue, affichage des commandes, réglages de gameplay, options vidéo, réglages audio et enfin de nombreux paramètres d’accessibilité totalement bienvenus. Ceux-ci concernent les sous-titres, la visée ou les interactions et se montrent au final totalement utiles pour tous.

accessibilité

Passés ces menus, on démarre l’aventure, légèrement fébrile à l’idée de savoir comment cela va se passer. Sur fond de texte défilant tel un prologue de La Guerre des Etoiles, le narrateur (Rutger Hauer) nous dépeint donc le contexte de l’univers dans lequel nous allons nous immerger. Lâchez le pop-corn et cramponnez vous, ce ne sera pas une simple promenade de santé.

générique

En l'an de grâce 2084...


Le grand plongeon

Qui a dit que 1984 pourrait être la pire vision de ce vers quoi notre société pourrait évoluer ? Avec cet ouvrage nous étions visiblement dans la “bonne” direction, mais à quelques grosses marches du compte. L’aventure se déroule en Pologne, à Cracovie, en 2084, dans un monde dystopique, technologique et tragique.

L’humanité a évolué vers un modèle où la technologie est devenue de plus en plus invasive, dans la rue, dans les voitures, dans les appartements, sur notre corps, dans nos propres corps, dans notre système nerveux. Les modifications et implants cybernétiques n’étaient qu’une première étape dans la chaîne de l’évolution numérique et biologique pour ceux qui ont emprunté la voie de l’augmentation physique et spirituelle. Puis les nanophages sont entrés en scène. Cette épidémie numérique (que l’on peut comparer vaguement aux nanites dans I,Robot par exemple) a tué des milliers voire des millions de personnes et laissé des traces longtemps après son passage : une peur tenace et ancrée dans les esprits qu’un jour ils reviennent ou qu’ils n’aient jamais complètement disparu.

A cela s’est ajoutée la traditionnelle guerre, bien physique cette fois. Elle a divisé une fois de plus le monde en deux entités qui n’ont jamais cessé de s’affronter : l’est et l’ouest. Cette guerre a fait mourir tant de personnes mais également fait naître et prospérer les corporations et plus précisément celle nommée CHIRON, avide de pouvoir et de corruption, elle a la main sur tout, voit tout, entend tout…

Les habitants des villes sont sectorisés par classes dans des sortes de blocs. Pendant que les plus riches s'arrogent les meilleurs lieux, hauteurs et richesses, les plus modestes s’entassent dans des immeubles dortoirs sordides où chaque millimètre carré est mis à profit. Leur seul espoir, évoluer vers la classe supérieure ou bien s’échapper complètement.

Réalité virtuelle, drogue, violence, sexe, tous les moyens sont bons pour s’évader de cet enfer qu’est devenue la société.

 

(Dé) Routine

Dans ce gros foutoir, entre en scène Daniel Lazarski, officier de police spécialisé dans l’investigation et la reconstitution de crimes. Il est lui aussi une personne “améliorée”, ce que l’on appelle l'Observateur, un “super” flic dont la particularité est de pouvoir creuser plus profond... Vu comme un oppresseur au service du pouvoir, il peut s'immiscer dans la tête de quiconque dispose d’un implant neural, vivant comme mort, parcourir vos rêves, peurs et cauchemars… afin de résoudre des crimes ou bien les prévenir.

L’histoire commence donc dans la peau de Dan, sous une pluie battante dans l’obscurité de sa voiture cyberpunk elle aussi (mêlant technologie, et vieille carcasse). Il ne se sent pas vraiment bien, que ce soit physiquement comme moralement. On n’en sait pas plus sur lui pour l’instant mais il a vite besoin d’un remontant.

Dans le cadre de son activité d’observateur, il est mis en relations avec son répartiteur qui l'informe de la situation en cours, du travail de routine...

routine

...quand soudain tout est interrompu. Plus de jus, plus de matériel embarqué mais un appel étrange et quasi surnaturel de son fils Adam qu’il n’a pas revu depuis des années, et avec qui il n'entretient visiblement plus de liens cordiaux. Un appel (au secours ?) qui tourne très rapidement court.

Adam

Tentant de retrouver son fils, Dan va réussir à localiser la provenance de l’appel mais le propriétaire du numéro ne semble pas correspondre. S'ensuit une seconde courte vidéo, particulière, expérimentale, nous présentant les noms de l’équipe de développement, des acteurs et autres personnes parties prenantes dans la création du jeu, sur fond d’images plus ou moins glauques en rapport immédiat avec cet univers. Celle-ci commence à nous laisser entrevoir les montagnes russes de l’angoisse que nous allons une fois de plus emprunter grâce à l’imagination débordante de Bloober Team.

Sur PS4 (slim), cette vidéo, bien que très fluide, subissait de nombreuses coupure de son, seul véritable couac technique du jeu.

 

A la poursuite du fils

Une fois sur place, nous nous retrouvons dans le hall d’accueil d’un vieil immeuble lugubre et étrange d’un des blocs du district le plus “au bas de l’échelle”, où murs démolis en décomposition et hologrammes façon glitchs “à la Matrix” se partagent la tâche de délimiter chaque pièces, où s’entremêlent là aussi réalité et virtuel, vie et robot, cybernétique et humain.

Hall

J'avoue que le dépaysement est total pour quelqu'un comme moi, en provenance de 2021.

 

C’est là que le jeu nous donne les reines. Nous pouvons déjà commencer par nous déplacer dans les premiers mètres carrés du hall, ausculter en détails les lieux, regarder quelques "affiches" de propagande publicitaires, parler au concierge, enfin ce qu’il en reste : mi humain, mi robot, jusqu’au visage et au cerveau. Celui-ci nous offrira nos premiers moments d’interaction et finira par nous indiquer (avec une certaine difficulté) le numéro d’un appartement où se trouverait la personne recherchée.

concierge

"A la seconde intersection, prenez à gauche, puis à droite, montez 4 marches puis à gauche, droite, au fond à gau... kzkzkzkzh. _`Batterie faible*%."

 

Suivons donc le chemin tout tracé… Le gameplay lié à la vue subjective de type FPS (mais sans arme) est quasi immédiat à prendre en main. Le personnage se déplace lentement de la même manière qu’un être humain normalement constitué (et qui n’a pas de raison de courir pour un oui ou un non). La gâchette   L2  permet de zoomer légèrement afin d’observer les lieux en détail, la gâchette  R2  quant à elle nous autorise à interagir avec l’environnement quand un réticule se présente. Ouvrir des portes, se balader, visiter une belle cour sous la pluie, apercevoir les “hauteurs” de ce monde, monter des escaliers… ce sera notre mise en bouche jusqu’à rejoindre l’appartement en question, porte fracturée évidemment...

appart

Le ménage n'a pas été fait depuis un moment on dirait... encore une chambre de geek.

 

Après avoir pénétré dans l’appartement d’où nous avons été contacté par notre fils et après avoir poussé quelques obstacles, nous découvrons un cadavre décapité. A ce moment précis, alors que la panique envahit notre personnage, l’immeuble est bouclé par un système de sécurité proclamant l'état d'urgence. Ici le confinement ne rigole pas et chaque porte, chaque fenêtre menant sur l’extérieur devient infranchissable.

scène de crime

Il va être difficile de l'identifier, espérons que nous trouverons des indices sur place...

 

Première fouille

Intervient alors ma première fouille minutieuse du cadavre et des lieux, et le début de maîtrise des outils mis à ma disposition (via une belle panoplie d’implants, à la mode à cette époque bien entendu… qui n’a pas son implant pass à volonté voyons…). Un scanner biologique  L1  premièrement, qui comme son nom l’indique parfaitement, va me permettre de mettre à jour des indices en rapport avec le vivant. Un scanner electromagnétique orienté technologie  R1  qui me permettra de scanner et analyser tout ce qui est informatique, mécanique, électronique... que ce soient des machines, des objets ou des cartes magnétiques, ils se mettent en surbrillance à l’approche de mon viseur.

scanners

Ces deux scanners font également office de sonar avec le déclenchement à intervalle régulier d’une “onde” qui met en évidence visuellement et en surimpression les limites des lieux et rend plus visibles des objets distants pouvant être analysés.

Une vision nocturne, activable via  R3 , peut également nous aider dans la pénombre. L’appui sur la touche  rond  permet quant à lui de s’agenouiller.

objets

Nous découvrons donc petit à petit le maniement de notre enquêteur, ouvrir des tiroirs, lancer l’analyse d’objets, recueillir des preuves, collecter des images, démarrer nos premières interactions... bref observer, fouiner et même se débrouiller pour résoudre nos premiers puzzles qui nous guideront vers l’issue de cet appartement. Le narrateur (enfin notre propre voix) est bien entendu là pour nous accompagner à chaque instant.

appartement 007

Les petits détails sont inombrables, n'hésitez pas à fouiller chaque centimètre carré, chercher des interactions, analyser tout ce qui peut l'être.

 

Huis clos mon amour, le retour.

Jusqu’à ce stade et encore pour quelques temps, je pensais honnêtement passer quelques minutes ou dizaines de minutes dans l’immeuble, collecter des pièces et informations puis trouver un moyen de déverrouiller le confinement (après tout, je suis de la police non ?) puis m’en aller là où le scénario me porterait... mais il n’en fut rien, le premier piège s’est déjà refermé sur nous car nous sommes bel et bien captifs de cet immense immeuble.

Le scénario s’empresse de nous donner du travail pour que nous ne songions même pas à nous en échapper, après tout, tous les indices convergent vers d’autres personnes, d’autres appartements et lieux annexes. En chemin nous ferons des découvertes étranges qui mériteront que l'on s'y attarde plus longuement.

ouvert

On découvre alors que ce huis clos avec un environnement bien délimité va s’élargir, dans les détails, là encore, macroscopiques comme microscopiques, dans l’horizontal et le vertical, s’immensifier par le véritable labyrinthe que constitue cet immeuble de plusieurs étages, chacun différent avec plusieurs ailes. Imaginez un Fort boyard complètement chaotique dans sa structure et en version cyberpunk… C’est là que débutent les douze travaux d’Ast...redux.

immense

Immensément grand et immensément petit se cotoient pour notre plus grand bonheur vertige.

 

En >Quête_ de voisinage

A partir de cet instant, je vais être plus flou sur le déroulement de l’intrigue et me concentrer sur une vision plus globale du titre, j’ai déjà énormément détaillé le début (et je vous prie de m’en excuser, mais c’était passionnant).

Notre quête principale va rapidement se décliner en une multitude de petites quêtes ou étapes. Certaines seront indispensables pour la progression, d’autres vous donneront des tâches à effectuer ou des “services” à rendre. Au final ces services seront utiles pour débrouiller chaque parcelle de cet univers et du scénario donc je vous conseille vivement de ne pas faire l’impasse sur tout ce qui vous semble “secondaire”.

Les premières étapes de l’aventure nous conduiront irrémédiablement à une vaste enquête de voisinage, afin d’essayer de comprendre ce qu’il s’est passé, ce que certains ont pu entendre ou voir. Pour cela nous irons taper à un certain nombre de portes. A chaque fois un dialogue via interphone (quand la ou les personnes sont présentes) se met en place, parfois pour nous dérouter et nous apporter des infos complètement inutiles, parfois pour nous aiguiller vers la suite de notre chemin de croix. Même si cela peut paraître rébarbatif à lire ces lignes, j’ai trouvé cet aspect du jeu intéressant, notamment car l’on en découvre davantage sur la mentalité, le savoir, les craintes des gens de cette époque et cet univers “parallèle” complètement barré. On en découvre également sur nous “Dan”... A juste entendre sa façon de parler, de réagir on se rend compte de l’état dans lequel est le personnage.

deal

Alors celui là il m'a tué :D

 

Ces échanges seront l’occasion de participer et interagir dans les dialogues. En effet il faudra minutieusement sélectionner les questions à poser et dans quel ordre les poser, car il n’y a pas de seconde chance (à moins de recharger la partie un peu plus tôt, il y a beaucoup de points de sauvegardes, c’est un délice).

Ne vous inquiétez pas, on ne va pas s’amuser à taper à toutes les portes une par une, le jeu est suffisamment bien scénarisé pour que la routine ne s’installe pas et ira nous faire visiter d’autres lieux annexes axés autours de thèmes variés, nous faire grimper dans les hauteurs mais aussi nous envoyer profondément dans les entrailles du “bloc”. Il y aura pas mal d’allers retours ceci dit, sans toutefois ressentir déjà vu et lassitude.

tatoo

Un salon de tatouage... seulement ? A vrai dire j'ai comme un léger doute.

 

En appuyant sur  triangle  vous pourrez d’ailleurs suivre l’historique de votre progression et de vos “quêtes” afin de pouvoir reprendre le fil de l’aventure, même si vous avez laissé le jeu en pause quelques jours ou semaines (j’avoue que c’est quand même bien pratique).

quêtes

Vous vous doutez bien que si notre principal “pouvoir” est d’analyser des scènes de crimes c’est que nous sommes loin d’en finir du côté des victimes et autres irrégularités

 

Ma vraie fonction, Observer

Je n’ai pas encore abordé l’essence même du jeu, jusqu’où va votre rôle d’observateur ! Il parait qu’on peut rentrer dans la tête des gens ? Et bien oui ! Et ce n’est ni une tâche lambda, ni quelque chose qui sera facile et sans souffrance. Dan va tirer un câble depuis le “gant” qui est sur sa main, et le planter dans la nuque des victimes ou des personnes qu’il sera nécessaire de pénétrer (roh ça va, c’est pas sexuel).

observer

Bon jte préviens Michel, ça va piquer un peu. Ah mais j'suis con t'es déjà mort.

 

Et c’est là que l’idée de Bloober Team est simplement géniale, nous allons quelque part pouvoir nous échapper de ce huis clos lorsque nous aurons l’occasion “d'interroger” certains “cervaux” :p. Ce monde si “étroit” (à l’échelle d’un bloc) s’élargit encore davantage avec les mondes psychiques/mémoriels que l’on va parcourir à l’intérieur des implants et qui se superposent à leur manière au-dessus de notre réalité. On passe d’un univers clos à … d’autres univers encore plus clos...strophobiques et complètement dingues !

rêves

Certains seront faussement immenses et répétitifs… ça ne vous rappelle rien ?

 

S’il s’agit de visiter la “mémoire” et les souvenirs de nos hôtes, ce n’est pas un film qui est déroulé devant nous et nous sommes en quelque sorte maître (ou plutôt esclave) de la situation dans laquelle nos implants ne sont plus d’aucune utilité et où les limites de la physique et de la vie réelle sont repoussés.

reves

 

L’esprit torturé, les souvenirs, peurs, regrets, angoisses de ces personnes seront votre ennemi, une véritable épreuve psychique et horrifique où tout ce qui semble réel peut basculer, buguer, s’interpoler, se répéter à l’infini. Ces “lieux” sont parsemés d’indices, d’énonciations de faits, d’informations précieuses, d'actions à faire dont vous avez la procuration... mais sont parfois également habités par un mal qu’il faudra absolument éviter, une créature indescriptible qui rôde, un gardien. Sorte de socle commun à tous ces esprits, il se mettra parfois à votre poursuite (tel celui d’Outlast) et il sera bon d’éviter de tomber sous ses “griffes” car ce sera la seule occasion dans le jeu d’expérimenter la mort.

gardien

Ah mince, trompé de photo, désolé je voulais vraiment vous le montrer mais bon... Voici à la place une cassette VHS de qualité.

 

En dehors de ces mondes alternatifs, le retour à la réalité n’est pas moins sans danger. L'ennemi est le temps, enfin le temps que votre corps met à se dérégler. Il faudra à intervalle régulier (mais pas sans arrêt rassurez-vous) vous administrer un peu de synchrozine, sorte de drogue de synthèse régulant la synchronisation et l’harmonisation des ondes de la psychée et des implants cybernétiques, bon enfin c’est ce que j’en ai compris. (Pour le coup ça m’a rappelé un autre jeu, indépendant et moins connu : Phantaruk).

Quand votre corps et votre esprit partent en sucette, votre système vous prévient... et de toute façon votre vision se brouille, tel un amoncellement d’artefacts de vieux JPEG recompressés à l’infini. Cela arrive systématiquement à la fin d’un voyage dans la tête des autres. Heureusement, vous trouverez des recharges assez facilement en fouillant un minimum (après tout on est là pour ça) et pourrez en collecter un maximum d’avance. Je ne me suis jamais retrouvé à court.

synchrozine

Rah purée, désolé, c'est pas ça la synchrozine, même si visiblement ça aussi on peut se l'administrer. Je suis visiblement victime d'un cyberbug tenace.

 

La visite des esprits des victimes, leur rencontre, la fouilles de lieux réels, les interactions de plus en plus poussées, les puzzles, tout cela combiné vous fera énormément avancer dans votre quête de vérité. A côté de cela il sera également possible de collecter des cartes, sortes de portraits robots de personnages du jeu (connaissant ce que Bloober Team a fait pour Blair Witch et leur manies de planquer des easter eggs, je me demande si ce ne sont pas les vrais visages des développeurs du jeu, tous grimés et technologiquement “augmentés”…).

cartes

Attrapez les tous ! (76)

 

Ce que je peux vous dire pour la suite c’est que la peur sera intelligemment instillée, la mise en scène et l’immersion sont réellement des qualités exploitées au maximum par les développeurs et cet “upgrade” 2021 ne fait que pousser encore plus notre esprit à s’attacher, contempler, vagabonder, se dérouter et “épouser” l’univers (pourtant glauque) du jeu.

bambi

Oh non ! Pas encore la forêt !

 

J’ai vu, j’ai entendu, il m’a vaincu

Un sujet qui passe parfois à la trappe et qui est tellement de premier plan dans ce jeu c’est la partie sonore. J’ai volontairement attendu un peu pour vous en parler tellement cet aspect est une des plus grosses “briques” du jeu.

Premièrement avec la voix de Rutger Hauer, seulement disponible en VO anglais, marquante et unique, j’ai trouvé celle-ci tellement attachante, je ne me verrais pas écouter une autre personne ou un doubleur dans ce rôle. Désolé mais c'était vraiment le meilleur casting possible, la meilleures personne possible. #Subjectif

Les dialogues, les appels, la narration… franchement c’est du très beau travail, on reste scotché de A à Z, y compris par les autres acteurs et leurs textes qui sont loin d'être débiles. Tout dans ces échanges pousse à la réflexion et à l'introspection.

observateur

Du côté de l’environnement : La pluie, l’orage, les bruits de machines, les éclairs, les tuyauteries, dysfonctionnements électroniques, musiques lancinantes, gémissements, sons inquiétants et féroces… sont autant de choses parfaitement intégrées, orchestrées et implantées en 3D à l’intérieur des décors. Il serait limite possible pour une personne malvoyante de se repérer uniquement avec le son de nos pas (qui change en fonction de la surface sur laquelle on marche) et les sons combinés de notre environnement.

lieux

Chaque lieu en dit long sur sa tranquillité, uniquement avec la scène sonore qui l’accompagne. La partie dans les sous-sols sera d’ailleurs particulièrement intense à ce niveau grâce à la très mauvaise visibilité. En effet quand on enclenche la vision nocturne les sons s’affaiblissent à tel point que l’on a peur de louper un événement sonore important. On se surprend à guêter le moindre petit son suspect qui aurait été atténué. Il en est de même à l’inverse quand on désactive la vision nocturne, avec une vue très sombre et des sons puissants… la peur de ce qui pourrait arriver vers nous est palpable à chaque instant. Enfin on n’a jamais l’impression d’être seul, toujours le sentiment qu’une présence nous surveille.

obscurité

Chaque aspect du gameplay est soigné à ce niveau, y compris notre équipement. Le scanner technologique nous balance un son strident lorsque nous l’utilisons. C’est à la limite du supportable. Quant au scanner biologique, ce sont de grosses basses et sonorité cardiaque exagérée qui cartonnent nos tympans. Leur utilisation prolongée peut amener à la souffrance à moins de baisser le volume, et je pense que c’est voulu afin que nous apprenions aussi à observer plus loin que les indices, plus loins que le biologique ou le technologique.

vision biologique

A deux doigts de lâcher un "Sarah Connor ?"...

 

Petit conseil : À jouer au casque AB-SO-LU-MENT !

 

Redux ?

Qui dit redux, dit nouvelle itération d’un même titre, à laquelle on a adjoint des améliorations ou modifications (comme ce fut le cas pour de nombreux jeux dont Metro 2033 et Metro Last Light). Ici, les modifications sont tout d’abord esthétiques avec un moteur de rendu Unreal Engine 4 exploité au maximum de ses capacités. Les modèles sont allègrement améliorés, beaucoup plus fins, et détaillés. Cela se voit tout d’abord sur les personnages qui faisaient autrefois poupée de cire et qui maintenant prennent littéralement vie. C’est saisissant de réalisme et nous ne sommes pas face à simplement une amélioration de définition des textures.

poupée

Bon, ça marche aussi pour les poupées en fait, qui font plus... inquiétant.

 

De nouveaux éclairages beaucoup plus naturels et vraiment convaincants donnent un nouveau relief et une immense profondeur à la mise en scène visuelle qui profite de très beaux effets d’objectifs, d'aberration, de flou sélectif… tout est vraiment orchestré avec brio et avec l’aide de la partie sonore de très grande qualité, rend l’aventure beauuuuuucoup plus immersive.

éclairages

Le gameplay n’est pas en reste. C’est plus fluide, mieux animé, moins rigide. De nouveaux secrets sont présents, nous avons droit à une gestion retravaillée de la santé, la furtivité et de nos améliorations. Nous disposons de panels de questions plus complets, davantage d’échanges, d'événements et surtout de quêtes !

On sent que de nombreuses suggestions de la communauté ont été écoutées et que le jeu tire tout vers le haut. Qualité, technicité, immersion, accessibilité… c’est suffisamment rare de voir aussi abouti de nos jours que je tenais à le souligner. Les équipes de Bloober Team et Anshar Studios ont réussi à faire mieux, plus profond, plus tétanisant en seulement 4 ans (à la fois une éternité et un temps très limité dans le secteur du jeu vidéo) tout en ne dénaturant absolument pas l’original, on a l’impression d’être réellement acteur et partie prenante dans un film ou une réalité troublante. Bien plus qu’un jeu vidéo qui essaye d’être un film interactif… on a l’impression d’avoir changé de lunettes, d’oreilles, de mains… c’est peut être ça le début des améliorations via implants ? :D.

lieux

 

Redux...ion des coûts ? La next-gen même sur PS4 Fat/Slim

Comment est-il possible qu’un jeu, créé par un studio de développement indépendant, qui fut quasi unanimement acclamé par la critique et retravaillé de fond en comble, amélioré, augmenté... se retrouve en version next-gen et old gen pour un prix aussi "dérisoire" ?

J’ai vraiment cru que System redux ne serait pas une refonte motivée, serait raboté ou dénaturé sur nos consoles “de base” qui appartiennent déjà au passé (mais un peu au présent quand même pour quelques mois ou années), proposant au final un demake de remake avec éventuellement un résultat pire que l’original et... la bonne surprise est qu’il n’en est absolument rien !

beau

Techniquement, Observer reste une claque tellement il se rapproche d’un rendu que l’on pourrait rencontrer sur PS5 avec quelques limitations cependant : la résolution dynamique qui oscillera entre 900 et 1080p et quelques rares ralentissements, principalement lors des chargements (qui se font en tâche de fond lorsque l’on s’approche rapidement d’une limite d’une zone). Avec un disque dur mécanique à plateau, on ne peut hélas pas faire de miracles et pourtant j’ai trouvé ces légers inconvénients tellement faibles en termes de nuisance que le reste a pris le pas, et encore une fois l’immersion était complète !

beau

Bloober Team et Anshar Studios n’en sont pas à leurs balbutiements en termes de développement et encore moins sur les consoles que nous chérissons depuis 2013. Ils démontrent une fois de plus qu’ils ont un talent fou et qu’ils n’ont pas délaissé nos (vieux) bébés de seconde zone pour ne faire plaisir qu’aux next-genistes. Merci !

 

Plus c’est bon moins ça semble long

Il est très difficile d’estimer une durée de vie de jeu vidéo. Pour ma part je vous suggererais qu’avec un minimum d’implication, l’envie de tout fouiller, tout résoudre, tout récolter, on peut aisément atteindre les 10h voire les dépasser allègrement, surtout avec les ajouts que nous ont concocté les créateurs de ce System Redux.

La difficulté est quant à elle plutôt “normale”, il n’y a rien de bien difficile, que ce soit du côté de l’action ou de la réflection, le chemin est plutôt bien “balisé” tout en laissant une certaine liberté de manœuvre, avis aux détracteurs des jeux “couloirs”. Par contre je vous recommanderai d’être consciencieux, attentif et minutieux, de ne pas vouloir sauter les étapes, histoire de ne pas oublier des choses en chemin, ce qui pourrait faire perdre un temps inestimable à faire des aller-retours inutiles.

Les différents ordinateurs présents dans le bloc (et dans les rêves) sont la majorité du temps une mine intarissable d'informations sur leurs propriétaires et sur les autres. Certains recellent littéralement de programmes et données "easter eggs" et ont tous en commun un jeu rétro (cross save). Vous pourrez continuer votre progression dans ce mini jeu sur n'importe quel autre ordinateur. Un des ordinateurs vous rappelera le bon vieux temps de MS-DOS, et demandera un peu de connaissance informatique pour lui faire cracher tout ce qu'il a à nous révéler. D'autres seront plus ou moins archaïques et leur OS souvent très faciles à utiliser (photos, mails, documents, accessible de manière intuitive et graphique).

cv

La partie "résolution des problèmes" de son CV m'a fumé !

 

“Like tears in the rain” mon avis sur Observer.

Observer System Redux nous propose un univers extrêmement bien réalisé à la croisée de ceux de Blade Runner, The Stanley Parable, Outlast, Blair Witch et Cyberpunk 2077 (rien que ça !).

Bloober Team nous dévoile là une vision soignée, argumentée, augmentée et aborde des sujets qui vont bien au-delà de la simple enquête, de la simple poursuite d’un meurtrier. On se prend de plein fouet les thèmes du transhumanisme, de l’hybridation des gènes, des augmentations humaines et prothèses mécaniques, le sexe, la folie, la religion, la pureté, la foi, la cybernétique, les liens neuronaux, les pandémies… autant de sujets qui bien que “lointains” pour certains, interrogent déjà, inquiètent déjà, divisent déjà.

Les “rêves”, véritables gouffres dans lesquels nous allons plonger tête la première, sont un grand huit (j’adore cette expression concernant les jeux de BT) qui m’ont rappelé les dernier tiers de Blair Witch dans lequel le jeu faisait mumuse avec nous, nous faisant douter au final de ce qui est rêve ou réalité. Un expérience que j’ai mieux vécu dans Observer d’ailleurs.

Techniquement, Observer est soigné, à outrance, détaillé, là aussi à outrance, plaisant et dérangeant à la fois... et je dois avouer que cette édition est de mon point de vue un incontournable pour les fans du genre et parmi les meilleures réalisations de Bloober Team, si ce n’est la meilleure.

oui

 

Verdict :

Les +

  • Une belle claque technique et scénaristique.
  • Univers complètement fou blindé de détails.
  • De nombreuses quêtes intéressantes (y compris secondaires).
  • L'immersion est intense (son, image, histoire).
  • Un vrai travail de redux/remaster.
  • Le très grand nombre d'interactions, puzzles.
  • Une difficulté accessible.
  • Le prix et le poids sur disque dur, tous deux très contenus.
  • Rutger Hauer !

Les -

  • Rares ralentissements lors des chargements en arrière plan
  • Un jeu qui peu retourner la tête, attentions aux personnes "sensibles"

On aurait aimé :

Quand c'est excellent on est souvent frustré que ce soit déjà fini...

Dans le même genre :

Blair Witch, Layers of Fear, Medium, Outlast, The Stanley Parable, Portal 2, Cyberpunk 2077, Alien Isolation, Hollow, Phantaruk, Metro, ...

Graphismes :
9/10
Musique et sons :
9/10
Gameplay :
8/10
Scénario et histoire :
9/10
Durée de vie :
7/10
Rapport qualité / prix :
10/10
Coup de coeur :
10/10
Total : 8.9/10

 

Nous remercions Koch Media qui nous a fourni une copie de review du jeu

 

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