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[Test] World’s End Club sur Switch : le cercle des potes disparus

[Test] World’s End Club sur Switch : le cercle des potes disparus
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Développé par Kazukata Kodaka et Kotaro Uchikoshi, les géniteurs respectifs de Danganronpa et Zero Escape, World’s End Club est un jeu narratif de type Visual Novel entrecoupé de séquences de réflexion et de plateforme.

Sorti initialement fin 2020 sur Apple Arcade, le titre, qui met aux prises un groupe d’ados, le Club des battants, avec la fin du monde dans un Japon du milieu des années 90, débarque sur Switch ce 28 mai, plein de promesses pour les amateurs du duo de développeurs autant que d’interrogations pour les néophytes. C’est parti pour une joyeuse virée en enfer !

 

Fiche technique :

  • Genre : Aventure / Plateforme / Visual Novel
  • Développeur : Too Kyo Games / Izanagi Games
  • Editeur : NIS America
  • Langues : Allemand, Anglais, Chinois, Espagnol, Français, Japonais, Polonais, Portugais, Russe
  • Plateformes : Switch, Apple Arcade
  • Testé sur : Switch
  • Prix : à partir de 39,99 €
  • Version : 1.0
  • Taille : 6,2 Go
  • Date de sortie : 28 mai 2021
  • Disponibilité : Physique et Dématérialisé

 

en avant

En avant !!!

 

Un vrai jeu de NIS

Avant d’aborder World’s End Club, parlons de son ADN...

Sorti en 2010 sur PSP, Danganronpa s’est rapidement imposé dans le cœur des amateurs de visual novel japonais : développé par le studio Spike Chunsoft mais surtout par le scénariste Kazutaka Kodaka, ce jeu a connu trois suites, plusieurs portages et a même été adapté en animé. Reconnaissables aussi bien par leur DA que par leur univers et leur propos sombres et matures, les Danganronpa sont édités en Europe et aux USA par NIS (pour Nippon Ichi Software - qui peut être traduit par “le meilleur du Japon”) America.

fichu

En 2012, un autre jeu débarque chez nous édité par NIS America ; un autre phénomène de type visual novel : Zero Escape, développé là encore par Chunsoft mais écrit par Kotaro Uchikoshi. Cinq années plus tard, ce même Uchikoshi, son comparse Kodaka - créateur des Danganronpa - ainsi que d’autres anciens employés de Chunsoft créent leur propre studio, Too Kyo Games. Deux jeux naissent de cette nouvelle union : d’abord Death Come True en 2020, puis celui qui nous intéresse aujourd’hui : World’s End Club.

bienvenue

Bienvenue !

 

La virée des enfants perdus

D’abord sorti sur iOS via Apple Arcade fin 2020 et disponible depuis le 28 mai sur Nintendo Switch, notamment dans une très belle “Deluxe Edition” assortie d’un mini-artbook et d’une sélection numérique de musiques, World’s End Club est, sans grande surprise au vu de son pedigree, un visual novel. Il plonge le joueur dans des environnements toujours aussi dramatiques mais bien moins sombres que dans les licences Danganronpa ou Zero Escape, aux côtés d’une bande d’amis lancés malgré eux dans un road trip à travers un Japon post-apocalyptique en plein milieu des années 90…

japon

Une virée à travers un Japon post-apo vous attend...

 

Ces onze (?) ados, âgés d’une petite quinzaine d’années, se retrouvent en effet confrontés à la fin du monde alors qu’ils sont en sortie scolaire. Un météorite s’écrase, leur bus et leur univers “déraillent” et s’en suivent différentes évolutions scénaristiques que je ne dévoilerai évidemment pas ici, sous peine de réduire grandement l’intérêt principal de ce jeu narratif, mais qui dépendront en grande partie des choix du joueur. En effet, ce sont vos décisions qui influeront le déroulé de l’histoire que vivront nos héros et héroïnes, membres du Club des battants. Mais j’y reviendrai plus bas...

bus

Tout commence par une “banale” sortie en bus scolaire, le 13 juillet 1995...

 

Platformer narratif

Après nous avoir permis de choisir la difficulté (facile ou normale), ainsi que la langue des voix (anglais ou japonais, avec textes en français), le début du jeu permet de se familiariser avec les commandes, dans un tutoriel facultatif. On découvre alors qu’outre son côté visual novel, World’s End Club est un platformer plutôt classique dans des niveaux à défilement horizontal, avec un gameplay plus que limité.

reflexion

Outre le classique marcher/escalader, le jeu propose par moments des instants de réflexion, comme ici au tout début du jeu (donc pas de risque de spoil, rassurez-vous), où il fallait déplacer une caisse et monter dessus (les bases du gameplay donc) pour actionner le courant et activer un ascenseur...

 

Votre personnage se déplace en effet dans des environnements sommaires où il peut sauter, s'agripper aux rebords et grimper (trois actions pour un même bouton). Plus tard, le titre nous apprendra que chaque membre du Club des battants peut utiliser une capacité spéciale, appelée “compétence partenaire” et activable via une autre touche, afin de varier ces séquences de fuite/escalade et diversifier les situations.

action

J’oubliais le troisième élément de gameplay à “maîtriser”, outre la “course”, le saut et la capacité spéciale : l’action ! Si on peut appeler ça comme ça...

 

Ces séquences de plateforme ne constituent pas, vous vous en doutez, l’essence de World’s End Club. En réalité, le jeu se divise en trois parties au style de gameplay totalement différent, et qui se succèdent de manière plus ou moins aléatoires : les phases d’action (nommées “Act”), celles essentiellement narratives où la seule chose à faire est de suivre l’histoire en appuyant sur un bouton pour passer les dialogues (“Story”) et enfin les phases où vous allez parler avec chaque membre du Club (“Camp”).

story

Voilà l’enchaînement des “séquences” : ici trois phases “Act”, puis “Camp” et enfin “Story”, pas encore validée… Le tout suivant le “road trip” de nos amis à travers le Japon.

 

Gameplay limité...

Comme je l’ai déjà indiqué, le jeu ne brille pas par son gameplay. Les phases d’action sont lentes et les enchaînements demandés, même s’ils sont limités et rarement compliqués (avancer, sauter, déclencher une capacité spéciale au bon moment), peuvent vite devenir frustrantes en raison de la mollesse des contrôles. Il ne sera ainsi pas rare de voir apparaître l’écran de Game Over pour un saut mal ajusté ou une action réalisée un poil trop tard, et ce même si la difficulté est enfantine.

game over

Un écran qui ne sera pas si rare, la faute avant tout à la mollesse des contrôles et à la raideur des personnages...

 

Heureusement, le scénario et ses nombreux revirements vont permettre de varier les séquences : si le héros principal, Reycho, a comme coup spécial/”compétence partenaire” la possibilité de jeter des objets lourds sur les éléments du décor ou sur des ennemis, un autre pourra se transformer en boule de métal et leur foncer dessus, tandis qu’une troisième créera une bombe à retardement, etc. De différentes formes, les mobs, puisque j’en parle, participeront eux aussi à la diversification du gameplay lors des passages de type “Act”, allant même jusqu’à proposer au joueur quelques (rares) affrontements de boss. Tout ça est donc limité et peu attirant, mais, encore une fois, ce n’est pas le principal attrait de World’s End Club

reycho

Chaque membre du Club des battants a une “fiche” descriptive personnalisée, expliquant notamment la “compétence partenaire”...


reycho 2

Compétence partenaire (ou capacité spéciale) que voici en action, lors d’une phase “Act” où vous devez vous débarrassez notamment de mobs.

 

boss

Et voici un exemple de combat de boss, grâce à l’aptitude d’un autre personnage : le batteur galactique de Kansai !

 

… mais storytelling de qualité !

Non, la grande force du titre de Kodaka et Uchikoshi est bien évidemment à retrouver du côté de sa narration et de son univers. Comme indiqué plus haut, l’histoire débute en 1995, lors d’une sortie scolaire estivale d’un groupe d’amis non loin de Tokyo. Après la chute d’une météorite qui semble avoir semé le chaos et accéléré la fin du monde tel que ces ados le connaissaient, ces derniers se retrouvent projetés d’abord sous l’eau dans une sorte de parc d’attraction aquatique où ils devront se livrer à un jeu d’élimination pour espérer en réchapper, et ensuite sur les routes japonaises - vides (en apparence) de toute vie humaine -, bien décidés à rallier la capitale et retrouver leurs familles…

elimination

Pour nos amis tout commence (mal) par un jeu d’élimination sous l’eau...

 

kamakura

… Pour se poursuivre à l’air (enfin !) libre(s), mais très loin de leur point de leur région d’origine, à Kamakura, tout au sud du Japon, dans un décor post-apocalyptique...

 

Principalement contée à travers les séquences nommées “Story”, bien que les deux autres “phases” permettent également de la faire avancer, l’histoire est vraiment agréable à suivre, bien amenée et plutôt drôle. Elle est donc centrée sur onze protagonistes qui ont en commun d’être des adolescents du milieu des années 90, avec leurs centres d’intérêt, leurs histoires d’amour et leurs (petits) drames. Aucun des membres du Club des battants ne ressemble à un autre : il y a la coeur tendre, la grande gueule, le fan de baseball qui se rêve en leader, le taciturne, l’addict aux jeux vidéo qui ne quitte jamais sa console, le fan d’une série télévisée à la Power Rangers et celui qui aime par dessus tout manger, etc.

mangues

Le jeu regorge d'anecdotes et de passages savoureux, sur le passé et les passions des personnages, mais aussi sur les villes et préfectures japonaises traversées par nos “battants” durant leur road trip… C’est vraiment plaisant !

 

Certes l’ensemble est un peu caricatural, mais fonctionne très bien. On s’identifie sans mal à ces personnages - un peu moins à notre héros Reycho, malheureusement “muet” - et les suivre dans leur road trip est un vrai plaisir, grâce notamment aux dialogues savoureux et aux doublages très réussis (notamment en japonais, langue pour laquelle j’ai opté en début de partie). Il faut bien évidemment être friand de visual novel, mais pour qui aime ce genre de jeux, la balade vaudra le détour.

emotions

Bons mots, humour et sentiments seront souvent de la partie !

 

Choisis ton camp

La troisième et dernière phase du jeu, baptisée “Camp”, fait office de “pause” dans le récit. Elle propose de retrouver la bande d’amis après une séquence “Act” ou “Story” et permet de discuter avec chacun des membres du Club des battants. Cette phase est tout à fait optionnelle, World’s End Club nous permettant de ne pas la compléter, mais elle revêt une grande importance autant du point de vue de la compréhension de l’histoire que du background des personnages.

camp

Les membres du Club des battants attendant “sagement” que vous alliez leur parler…

 

Tour à tour, vous allez donc dialoguer avec chacun des amis en train de se reposer dans un campement de fortune, et les faire réagir aussi bien sur ce que la bande vient de vivre ou sur leur propre vie. C’est souvent animé avec le moteur 3D du jeu, mais quelques fois illustré par de jolis tableaux. Dans tous les cas, c’est un passage très agréable et plaisant à découvrir, bien que la “mise en scène” soit fastidieuse : les ados sont alignés et vous passez de gauche à droite de l’un à l’autre, sauf à de rares exceptions et interactions près.

camp

Voici le dialogue avec l’un d’eux… Et un placement produit gratuit, un !

 

C’est enfin lors de ces séquences (mais pas obligatoirement) qu’interviennent les moments où il faudra faire un choix concernant la suite de l’aventure. En effet, il arrivera souvent que deux options s’offrent au groupe : réaliser ou non une action, accepter ou non de suivre un élément extérieur, suivre une route ou une autre pour continuer le chemin jusqu’à Tokyo, etc. A chaque fois (ou presque), le Club des battants se trouvera alors scindé en deux groupes de quatre et c’est à Reycho (vous, quoi) que reviendra la tâche de prendre la décision qui réunira et guidera l’ensemble de vos camarades… A moins qu’il ne les divise !!

choix

La prise de décision de Reycho (vous) se présent ainsi, après avoir écouté le point de vue des deux parties…

 

choix

Il faut faire un choix…

 

choix

Et ce choix n’est pas toujours évident, d’autant que bien souvent cela implique de continuer la route avec certains membres du Club, mais sans les autres...

 

L’immersion par la narration (mais pas que)

Au moment de conclure mon test de World’s End Club, le bilan est plutôt positif. L’aventure est très agréable, et ce, principalement grâce à l’histoire qui nous est proposée de suivre dans un Japon post-apocalyptique et aux côtés d’une bande d’ados haute en couleur. Mais si le résultat est si attachant et l’ensemble “immersif”, ce n’est pas uniquement grâce au travail d’écriture de pontes du visual novel japonais, j’ai nommé Kazutaka Kodaka, Kotaro Uchikoshi mais également Takumi Nakazawa (à qui l’on doit la série des Infinity)...

DA

Comment ne pas craquer devant ce character design ?

 

Néanmoins, si on aime autant suivre et vivre ce road trip, c’est aussi grâce à l’ambiance sonore du titre, mais aussi et surtout à la beauté de la direction artistique, avec une mention particulière pour le character design. Signé Take, auteur de manga et à l'œuvre notamment sur celui des derniers jeux Pokémon (Soleil/Lune et Épée/Bouclier), ce dernier est vraiment réussi, autant du point de vue 3D que 2D, ma version préférée… Mais même s’ils manquent parfois de soin et de détails, les environnements “post-apo”, assez variés car couvrant plusieurs régions du Japon, ne sont pas en reste, de même que les quelques monstres et autres bizarreries croisés par nos amis.

poisson

Exemple de monstre croisé par nos héros… Plutôt original, bariolé et… joli !

 

paysages

Exemple de paysages traversés…

 

collant

Dernier élément de “DA” à signaler : des “autocollants” cachés dans les niveaux (visibles par des étoiles scintillantes à toucher) et à collectionner… On retrouve encore une fois le bon goût de nos amis nippons ^^

 

Mon avis

Amateur de visual novel mais pas non plus expert en la matière, je ne connaissais par exemple que de nom les licences Danganronpa, Zero Escape ou encore Infinity. Je savais cependant à quel point World’s End Club était un jeu attendu, et le potentiel qu’il représentait. Bref, au fil de mon aventure - un poil courte - ce potentiel s’est confirmé. En termes de narration, d’abord. Axée sur un groupe d’ados en plein milieu des années 90 au Japon, confrontés malgré eux à la fin du monde et à tout un tas d’anomalies, l’histoire se suit et se vit avec grand plaisir. La réussite est également visuelle et sonore : la DA, le character design et les voix sont vraiment au diapason, et augmentent l’immersion pour qui y est sensible. Reste une partie gameplay perfectible, par moments frustrante, mais l’essentiel n’était vraisemblablement pas là pour Kodaka, Uchikoshi et consorts. Avec World’s End Club ils nous parlent d’amitié, d’entraide, de vie d’enfants, d’espoir et de déceptions ; ils nous poussent à faire des choix, pas toujours faciles, sans oublier d’englober tout ça de beaucoup de légèreté et d’humour, typiquement nippons. Un chouette road-trip à travers un Japon post-apocalyptique. Une vraie et belle réussite.

fin

 

Verdict :

Les +

  • Une histoire plaisante à suivre, pleine de rebondissements, d’humour, de sentiments et de tension
  • Un scénario à embranchements, avec des décisions à prendre qui ont des conséquences (en tout cas sur ce que vous jouerez ou non)
  • Des personnages hauts en couleur
  • Une DA et plus particulièrement un character design de qualité
  • Entièrement (bien) doublé en japonais et anglais, avec textes en français
  • Créé par des spécialistes du visual novel : une valeur sûre !

Les -

  • Gameplay des phases d’action peu intéressant et parfois frustrant : gare au Game Over
  • Un poil court (10-15h)
  • Certains décors en deçà

On aurait aimé :

Que les séquences d’action soient un peu moins rigides et donc moins frustrantes, et qu’elles laissent pourquoi pas un peu plus de place à la réflexion…

Dans le même genre :

Danganronpa, Zero Escape, Infinity pour citer trois oeuvres majeures des auteurs principaux

Graphismes :
La DA est plutôt jolie, avec une mention spéciale pour le character design, et les décors variés, liés à la traversée d’un Japon livré à la nature. Reste que l’ensemble n’est techniquement pas hallucinant et que certains passages sont en deçà en termes de design.
8/10
Musique et sons :
Les musiques sont très sympathiques et participent à la bonne ambiance du titre, de même que l’excellent travail de doublage des personnages (voix en anglais ou japonais, textes en français) plongent le joueur en immersion dans le monde de World’s End Club. Une réussite.
9/10
Gameplay :
Pas le point fort du jeu, mais en même temps ce n’est pas ce qu’on attend d’un visual novel… Cela dit, la mollesse des contrôles et la rigidité des personnages peuvent devenir frustrantes, notamment quand elles conduisent à des Game Over intempestifs et répétitifs sans qu’on n’y soit (vraiment) pour quelque chose.
5/10
Scénario et histoire :
C’est du très très bon. Moins morbide ou violent que peuvent l’être Danganronpa ou même Zero Escape, le scénario n’en oublie pas pour autant les thèmes chers à leurs auteurs ni les instants tragiques. Vivre aux côtés de cette bande d’ados au milieu des années 90, dans ce Japon en proie à la fin du monde, était un réel plaisir. Sans oublier les embranchements, les choix à faire, qui apportent un vrai plus.
10/10
Durée de vie :
Entre dix et quinze heures, ce n’est pas extraordinaire pour un jeu de ce genre. Dommage, on n’aurait pas craché sur quelques heures supplémentaires en compagnie du Club des battants !
6/10
Rapport qualité / prix :
Pour les amateurs de visual novel et/ou des têtes pensantes derrière le jeu, il ne faut pas hésiter. Pour les autres ou les plus réticents, la relative faible durée de vie et le côté “jeu de niche” de World’s End Club, couplés au prix plutôt élevé (entre 40 et 50€), la réflexion peut être de mise. Mais de mon point de vue, il en vaut le coût !
7/10
Coup de coeur :
Je ne connaissais que de nom les licences Danganronpa ou Zero Escape, mais j’ai un faible pour les visual novel, et la DA de celui-là avait attisé mon intérêt… A l’arrivée, je n’ai pas été déçu, loin de là : j’ai pris énormément de plaisir à suivre les aventures mouvementées du Club des battants.
8/10
Total : 7.6/10

 

Nous remercions Koch Media qui nous a fourni une copie de review du jeu

 

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