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[Critique] La déchéance d'un homme, version Junji Ito

Image de couverture de [Critique] La déchéance d'un homme, version Junji Ito

Fiche technique

Titre original : 人間失格
Scénario : Osamu Dazai, Junji Ito
Dessin : Junji Ito
Type : Seinen
Thème : Drame, société
Date de sortie France : 17 mars 2021
Nombre de pages : 224
Éditeur France : Éditions Delcourt/Tonkam
Prépublication : Big Comic Original
Origine : Japon
Nombre de tomes VO : 3 (terminé)
Nombre de tomes VF : 1
Prix : 7,99€
Acheter : Amazon

 

Synopsis

Ce manga est l'adaptation d'un des romans les plus célèbres de la littérature japonaise contemporaine. Il est publié en France chez Gallimard depuis 1962.

Yôzô Ôba souffre énormément du regard que les autres portent sur lui et ne comprend pas le bonheur de son entourage. La solution qu'il finit par trouver pour s'en guérir : se transformer en bouffon. C'est ainsi que s'écoulent ses jours, à se vouer à ce rôle de clown empli de souffrance. « Extérieurement, le sourire ne me quittait pas intérieurement, en revanche, c'était le désespoir. »

 

Une histoire bien sombre

Dans le Japon des années 20, Yôzô Ôba, le personnage principal et narrateur, est le fils cadet d'un notable. Aussi vit-il dans un relatif confort, entouré de sa famille et de ses serviteurs. Dès son plus jeune âge, il se sent différent et a peur des rapports humains. Pour les fuir, il ne montre jamais son vrai visage et endosse le rôle du bouffon, toujours prêt à faire rire la galerie. L'idée que quelqu'un puisse percer à jour son jeu d'acteur le terrifie littéralement. Il est donc prêt à tout pour conserver son masque de bouffon, quitte à provoquer des drames irréversibles. Mais c'est pour mieux cacher que, très jeune déjà, il a été confronté aux parties les plus sombres de l'âme humaine : désir, hypocrisie, jalousie… Il n'a eu de cesse d'être abusé par des gens et d'en abuser d'autres, exerçant sur eux un magnétisme dont il n'avait pas réellement conscience. Yôzô a littéralement peur de tout, même du bonheur. C'est ainsi qu'on le voit tout au long de l'histoire se chercher, essayer de trouver les limites de ce qu'on peut supporter, comprendre les sentiments des gens, mais d'une manière plutôt malsaine tout en essayant lui-même de ressentir des choses…

 

La déchéance d'un homme est l'adaptation du roman japonais éponyme de l'auteur Osamu Dazai. Cet auteur est connu pour son style autobiographique sombre et pour avoir mené une vie dissolue entre ses addictions aux femmes, aux opiacés ou encore à l'alcool… Sans compter ses multiples tentatives de suicide! C'est un homme qui semble avoir été doté d'une personnalité complexe, et avoir souvent navigué aux portes de la folie… Alors quand Junji Ito, l'un des maîtres du manga d'horreur s'attaque à adapter ce style à la fois cru et psychologiquement difficile à soutenir, on obtient un cocktail à ne pas mettre entre toutes les mains. Ici nous avons affaire à un ouvrage réservé à un public averti.

 

En effet, les thèmes abordés tels que le viol, le meurtre, la dépression, le suicide, etc… le sont sans aucun filtre. Non seulement parce que c'est le style particulier d'Osamu Dazai, mais aussi parce Junji Ito a le don de magnifier la folie de ses personnages avec des traits absolument effrayants.

 

Le mangaka est en effet connu pour son style qui marque ses lecteurs dans des mangas d'horreur grâce à des dessins très fournis en détails, notamment dans des expressions faciales glaçantes. C'est un style qui ne peut laisser indifférent. Sans être une histoire d'horreur à proprement parler, La déchéance d'un homme révèle les côtés les plus sombres de l'Humain. Cela donne un récit où le narrateur explore avec intérêt les mauvais penchants que tout un chacun préférerait enfouir profondément. C'est très cru, souvent morbide et on y trouve absolument aucun moment réellement heureux. C'est un malaise permanent dont on ne peut se détacher, mais dont on veut connaître tous les détails jusqu'à la fin, que l'on sait d'avance tragique.

 

Ce tome est le premier paru sur les trois que comptera le titre. On remarque tout de suite la jaquette du livre avec plusieurs détails qui sautent aux yeux : l'ensemble est rouge, brillant. On y voit cet autoportrait malaisant de Yôzô. Le tout combiné provoque une impression infernale. Au centre néanmoins, Yôzô est lui n'est pas brillant mais mat. De plus, quand le reste de la jaquette est brillant, ce dernier est quant à lui rugueux. Tout un symbole pour ce personnage toujours à part, en permanent décalage avec la société qui l'entoure.

 

Mon avis

J'ai beaucoup apprécié la lecture de La déchéance d'un homme, tant ce livre diffère de ce que j'ai l'habitude de lire. C'est réellement une expérience qui ne peut laisser indifférent. C'est fascinant de voir avec quel talent l'auteur et le mangaka nous donnent envie de suivre cette histoire d'une profonde tristesse, celle d'un homme qui n'a jamais su trouver sa place dans la société, cherchant toujours à fuir la vérité, ses responsabilités, etc… C'est donc un ouvrage que je vous invite fortement à découvrir, attention cela dit, il est à réserver à un public adulte et averti.

 

 

 

Nous remercions les Editions Delcourt/Tonkam qui nous ont fait parvenir un exemplaire du manga

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