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[Test] The Pillar : Puzzle Escape - Switch - L’énigmatique exploration

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Sorti le 13 janvier sur Switch, PS4 et Xbox One, et développé par le studio tchèque Paper Bunker et édité par Eastasiasoft, The Pillar : Puzzle Escape est un jeu d’aventure/réflexion à la première personne mêlant résolution d’énigmes et exploration avec un soupçon d’ésotérisme dans un univers coloré… Prêt pour l’aventure ?

 

Fiche technique :

  • Genre : Casse-tête / Aventure
  • Développeur : Paper Bunker
  • Editeur : Eastasiasoft
  • Langues : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Japonais, Coréen, Portugais, Russe, Chinois
  • Plateformes : Switch, PS4, Xbox One
  • Testé sur : Switch (2018)
  • Prix : 9,99 € (7,99 € jusqu’au 2 février)
  • Version : 1.0
  • Taille : 404 Mo
  • Date de sortie : 13 janvier 2021
  • Disponibilité : Dématérialisé


attaque

Préparez-vous à rencontrer le fameux poteau rose...

 

Mais on est où là ?

Si beaucoup de monde pense à The Witness en découvrant The Pillar : Puzzle Escape en ce qui me concerne c’est à Mask of Mists que ses premières images m’ont fait penser, un autre jeu d’aventure/réflexion testé sur ce site et qui usait d’une vue FPS dans un univers coloré. Mais à la différence du titre de 9 Eyes Game Studio, ici point d’épée, de flingue ni même de poings pour avancer dans l’aventure. Ici, votre ennemi est invisible et votre seule arme sera votre matière grise à mettre à contribution pour résoudre des énigmes, des puzzles et vous « échapper » du niveau pour atteindre le suivant.

Mais tout ça, ce n’est pas vraiment expliqué. The Pillar : Puzzle Escape ne brille clairement pas par son scénario ou sa narration. Adaptation de The Pillar d’abord sorti sur mobiles et toujours disponible sur Steam, le jeu de Paper Bunker et Eastasiasoft plonge le joueur directement dans le « feu » de l’action, sans aucune ligne d’explication ou de mise en place de son histoire. Certes, vous voyez un pilier rose, le fameux « Pillar », et vous comprenez qu’il revêt une certaine importance. Mais quant à savoir laquelle, ce sera une autre histoire…

bucolique

Petite vue bucolique de ce qui vous attend, entre charmant environnement (quoique ça dépendra des niveaux) et puzzles à résoudre en ligne de mire...

 

Marché aux puzzles

Vous voilà néanmoins projetés dans le premier monde du jeu, baptisé « Intro » et qui fait, fort logiquement, office de tutoriel. Le jeu, qui est donc à la première personne, vous explique que vous déplacez votre personnage avec le joystick gauche (simple) et regardez autour de vous avec le droit (basique). Les interactions avec les éléments du décor sont automatiques, qu’il s’agisse des puzzles à activer ou des collectibles à ramasser (j’y reviendrai) : vous n’aurez qu’à avancer sur ces éléments pour déclencher une animation ou accéder aux énigmes.

bases

Les bases d’un des puzzles...


Les puzzles sont justement au cœur du gameplay de The Pillar : Puzzle Escape. En même temps, avec un titre pareil, j’imagine que vous vous en doutiez… Bref, le jeu nous entraîne dans un univers plein de courts petits casse-tête à résoudre pour espérer avancer. Ces nombreux puzzles, qui apparaissent dans des grilles tout au long de l’aventure, ne se déclinent qu’en cinq petites catégories, tournant autour de lignes et de couleurs. Un des casse-tête ressemblera au célèbre jeu « Snake » sur Nokia, demandant de remplir la grille à 100% sans passer deux fois par le même endroit, quand d’autres imposeront de relier deux points de la même couleur sans que les lignes se touchent ou de mémoriser et reproduire des schémas apparus brièvement…

snake 1

Petit exemple de puzzle, que j’ai baptisé “snake” : il faut remplir toute la grille sans repasser par une case déjà validée… Au fil du jeu, vous en trouverez des bien complexes !


snake 2

Une fois complété

 

Exploration, observation, réflexion

Ces différents puzzles figurent donc dans des cadres blancs, quadrillés, qui eux-mêmes apparaissent principalement fixés à des piliers roses - les fameux piliers du titre. Le plus souvent chacun de ces “poteaux roses” supporte quatre puzzles, et une fois que les quatres seront complétés alors le pilier s’élèvera, dévoilant quatre nouveaux casse-têtes. Mais ce n’est pas tout. Au fil de votre exploration des niveaux, vous trouverez ces piliers ou devrez les activer en résolvant des petites énigmes. C’est là qu’entre en jeu la partie observation du titre.

enigme 1

Voici un exemple (avec des éléments à observer dans le décor et leur utilisation concrète pour progresser) d’énigmes contextuelles, obligeant le joueur à bien regarder autour de lui.


enigme 2

 

En effet, le jeu vous demandera de bien faire attention aux décors et à tous les éléments qui vous entourent. D’abord, ce faisant vous récupérerez les collectibles du jeu : pièces d’un (vrai) puzzle à constituer par niveau, il vous faudra fouiller les quatre coins de chaque monde pour rassembler les 4 à 6 pièces présentes par niveau. A noter que je n’ai remarqué aucun bonus déclenché par la constitution à 100% desdits puzzles, qui représentent chacun un élément du monde dans lequel ils se trouvent.

collectibles

Deux pièces (sur cinq) du (vrai) puzzle trouvées dans ce niveau. Ce sont les collectibles du jeu, si on peut appeler ça comme ça...

 

Puis, régulièrement, vous y trouverez plusieurs suites de symboles qui, bien souvent, vous serviront peu de temps après pour activer un mécanisme et ainsi débloquer un pilier ou tout simplement accéder à la suite du niveau. Partie assez intéressante du jeu, cette phase d’énigmes contextuelles qui demande une bonne dose d’exploration et d’observation permet de varier les casse-têtes qui peuvent s’avérer redondants et répétitifs à la longue. Problème, durant ces passages-là, tout n’est pas toujours clair.

enigme 3

Autre exemple avec une suite de chiffres à réutiliser sur un coffre fermé avec un cadenas à code.


enigme 4

 

Pas clair, obscur

En effet, il arrivera certainement (à moins que je sois un cas(sos) unique, ce qui est également une possibilité) que vous ne sachiez plus où aller, quoi chercher, ou dans quelle direction regarder pour vous débloquer. Pire, il se peut que vous activiez sans le vouloir un mécanisme (simplement en marchant ou en appuyant au hasard) vous permettant d’accéder à une pièce suivante, ou de valider une énigme dont la résolution vous résistait jusque-là.

cheveux

Clairement un passage qui m’a fait m’arracher les cheveux...

 

C’est d’autant plus frustrant qu’il n’aurait pas fallu grand-chose pour améliorer tout ça : une ligne d’indication, un objectif affiché dans le menu pause ou même que les petites séquences qui nous indiquent la marche à suivre pour passer à l’étape suivante soient un peu plus précises et moins fugaces. Une seconde d’inattention, et c’est le drame…

indice

ATTENTION !!! Vous avez failli écraser un indice !!!

 

Après, soyons honnêtes, ces moments ne sont ni innombrables, ni insurmontables. Mais perdre du temps à se creuser la tête là où cela ne devrait pas être le cas est un peu dommage, et ce même si le jeu possède une durée de vie réduite (comptez cinq heures pour compléter les sept niveaux, Intro comprise), l’allonger de cette manière n’est vraiment pas à mettre au crédit des développeurs.

triforce

Les amateurs de Zelda (comme moi) auront remarqué sur cette image le symbole de la Triforce à l’envers… Les autres, plus observateurs, auront vite repéré les deux chiffres certainement utiles à leur progression.

 

Casse-tête ou prise de tête ?

Et, tant que j’en suis à pointer du doigts les désagréments amenant de la frustration devant ce The Pillar : Puzzle Escape, il me faut parler du manque de logique dans l’enchaînement des puzzles. Ici, point de courbe de difficulté évoluant au fil de votre aventure. Non, les casse-tête se succèdent bizarrement, de facile à difficile, en passant par du très facile, et ce, peu importe qu’il s’agisse des premiers ou des derniers niveaux.

puzzle 1

La dernière catégorie de puzzle du jeu, et pas forcément la plus difficile…

 

puzzle 2

 

 

Les seules choses qui évolueront au fur et à mesure de votre avancée seront le nombre des puzzles, la « difficulté » des énigmes à résoudre pour progresser (ou en tout cas la longueur des niveaux et la variété des mécanismes à activer ou des mini-jeux à réaliser, comme des petites séquences de « shoot ») et, enfin, la découverte des nouvelles catégories de casse-tête.

shoot

Tiens ! Une phase de shoot !

 

Je vous disais plus haut que le jeu en proposait cinq différentes, eh bien sachez que leur apparition sera progressive. Tout cela étant, bien évidemment, à ranger parmi les bonnes idées du titre, car alors nous avons vraiment l’impression de progression. Le changement d’environnement c’est bien (et il faut dire que chaque niveau brille par sa différence avec les autres), mais apporter de la fraîcheur et de la variété dans les énigmes (hors puzzles) c’est mieux.

variété

Si les puzzles peinent à se renouveler, l’exploration et les environnements, eux, démontrent une belle variété au fil des huit niveaux du jeu.

 

Mon avis

Je ne tournerai pas plus longtemps autour du po…teau. The Pillar : Puzzle Escape est un bon jeu, un titre honnête mêlant exploration, observation et réflexion. Agréable dans ses graphismes comme dans son atmosphère mystérieuse, attachant au principe même du jeu d’énigme une dimension ésotérique (les niveaux sont parsemés de symboles et autres artefacts occultes), le jeu pêche par manque de profondeur mais pas d’idées ou de générosité. Pour son prix et donc ses ambitions, la création des tchèques de Paper Bunker, plutôt spécialisés dans le jeu mobile, fait le travail : elle propose son lot de casse-têtes et de puzzles, certes peu variés et donc redondants à la longue, mais qui restent efficaces et amusants. En revanche, là où le jeu risque de perdre le joueur, au sens propre comme figuré, c’est dans certains passages obscurs, où la progression est moins évidente et le casse-tête prise de tête, et où l’amusement cède sa place à la frustration.

fin

Allez sans rancune… J’ai pas toujours tout compris, mais au final j’ai (globalement) bien aimé me perdre et me creuser la tête dans The Pillar : Puzzle Escape !

 

Verdict :

Les +

  • Plutôt joli, coloré, agréable à l’œil
  • Environnements variés
  • Les puzzles, efficaces
  • Le concept de l’escape game (on explore, on observe, on réfléchit, on agit) porté en jeu vidéo

Les -

  • Assez court (huit mondes mais cinq heures environ)
  • Répétitif (cinq types de puzzles seulement)
  • Pas toujours clair
  • Aucune indication, aucun scénario, aucune émotion

On aurait aimé :

Que le jeu nous guide par moments, évidemment pas lors des phases de casse-têtes mais entre deux puzzles, quand on trépigne de ne pas savoir quoi faire ni où aller...

Dans le même genre :

The Witness, The Talos Principle...

Graphismes :
Plutôt jolis, certes pas incroyables mais aux environnements colorés et surtout variés, évoluant au fil des huit niveaux du jeu. Du reste, sur Switch c’est propre.
7/10
Musique et sons :
OST discrète mais pas dérangeante. Quelques indications sonores bienvenues pour nous guider, même si on aurait aimé que ce soit encore plus marqué.
6/10
Gameplay :
Aucune prise en considération du tactile sur Switch. Pour le reste c’est classique, mais pas toujours très ergonomique. Une fois dans un puzzle cela dit, deux touches suffisent.
7/10
Scénario et histoire :
Aucun scénario à ma connaissance, mais peut-on lui en tenir rigueur ? Quelques lignes d’histoire ou même des indications écrites ou parlées n’auraient pas été de trop pour comprendre ou mieux s’immerger dans l’univers, cela dit.
-/10
Durée de vie :
Comptez cinq heures pour venir à bout des puzzles et énigmes des huit niveaux du jeu. Donc une durée de vie plutôt courte, sans parler des errances entre chaque casse-tête, et la redondance de ces derniers.
6/10
Rapport qualité / prix :
Si vous aimez les jeux d’énigmes et de puzzle à la première personne dans un univers à la The Witness (la ressemblance s’arrête là, pour moi), pour moins de 10€ c’est convenable.
8/10
Coup de coeur :
Si vous n’avez pas su lire entre les lignes : non, ce ne fut pas un coup de cœur. Pour autant, j’ai passé quelques bons moments à me creuser la tête en parcourant ce jeu, quand ce n’était pas pour les mauvaises raisons...
6/10
Total : 6.7/10

 

Nous remercions @paperbunker et @eastasiasoft qui nous ont fourni une copie de review du jeu

 

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